
SOTRES, là où finit l’impasse !
SOTRES ( Sous-traitance et Services ) est fondée, en 1992 à Levallois-Perret, 92, par deux cadres d’entreprise.
Cette entreprise d’insertion, hors du commun et unique en Europe, a pour but d’aider des ingénieurs et cadres en chômage de longue durée à la suite de maladies psychologiques et psychiatriques ou victimes de dépression grave.
L’originalité de cette démarche, c’est qu’elle s’adresse à des personnes ayant fait des études supérieures, ayant eu parfois des responsabilités importantes dans des entreprises et, qui, un jour, ont « craqué ».
Pour ces cadres qui ont connu le rejet de l’entreprise, la grande solitude du chômage, des séjours en hôpital psychiatrique, SOTRES entend fonctionner comme un sas, un tremplin pour leur permettre de retrouver une place en entreprise
Des entreprises confient du travail à SOTRES. Au début, les travaux sont très diversifiés, mais rapidement, ceux de sous-traitance bureautique dominent. Dès la création de SOTRES, des entreprises qui lui donnent du travail , acceptent de siéger au conseil d’administration ( N.B : faut-il ou non citer : CEGELEC,RHONE-POULENC,TOTAL,LAFARGE,FRANCE- TELECOM….).
Rapidement, les locaux de la rue Raspail à Levallois se révèlent inadaptés et SOTRES s’installe, en 1993, dans un pavillon à Nanterre, 92, au 28 boulevard du Couchant, au milieu d’un grand jardin, mis à la disposition par le Conseil Général des Hauts-de Seine.
Le parcours à SOTRES comporte deux étapes principales :
- une étape de « remise en forme », de réadaptation au monde du travail et, fréquemment de formation ;
- une seconde étape est l’obtention d’un emploi dans le milieu ordinaire du travail, avec l’appui de SOTRES qui assure le suivi de la personne réinsérée.
SOTRES démarre avec l’appui d’associations ayant une grande expérience : SPASM, CROIX-MARINE,UNAFAM….et le soutien du Ministère du Travail, l’AGEFIPH, le Conseil Général des Hauts-de-Seine….
« SOTRES, là où finit l’impasse » !
C’est le slogan de la première plaquette de présentation, conçue par un des premiers salariés de SOTES, bac + 8, malade mental.
Marc le Segretain du Patis
Administrateur
Une histoire de SOTRES
Intervention de Francis DELORT, Président d’honneur et fondateur de SOTRES, anniversaire des dix ans de SOTRES, 2002
« Peu de personnes dans l’auditoire me connaissent. Nous étions en effet très peu nombreux au démarrage de SOTRES.
Ma femme et moi, étions persuadés, parce que nous connaissions le problème, que des jeunes ou moins jeunes atteints de maladies psychiques, étaient capables de s’en sortir et donc de réintégrer le domaine professionnel correspondant à leur formation et à leur expérience professionnelle antérieure. A l’époque ce n’était pas communément admis. Je ne suis pas certain que cela le soit tout à fait maintenant.
C’est ainsi que la SOTRES a été créée il y a 10 ans.
Nous étions aidés dans notre démarche, par une association de parents aujourd’hui disparue : le G.F.A.E. (Groupement des Familles pour l’Aide à l’Emploi) dont un certain nombre d’anciens membres se trouve dans l’assistance.
Peu à peu nous avons matérialisé cette possibilité, en particulier dans le domaine de l’insertion.
Le statut d’entreprise d’insertion était tout à fait récent en 1992, et il n’y en avait pas dans notre domaine.
Marc du PATIS, ici présent, qui travaillait dans la même société que moi, connaissait très bien, de par ses responsabilités, le fonctionnement des services du Ministère du Travail et il avait d’excellentes relations avec ses homologues d’autres entreprises de la région parisienne.
Le concept d’entreprise d’insertion a prévalu sur celui de C.A.T. auquel nous avions pensé au démarrage.
Nous pensions en effet qu’une réinsertion dans l’entreprise ou dans la fonction publique passait par un séjour dans une structure protégée, limité dans le temps.
Nous avons bénéficié à l’époque du soutien de personnes ici présentes, que je tiens remercier :
- Monsieur STIKER par exemple qui était alors à l’AGEFIPH. Il nous a apporté les premières subventions de fonctionnement de l’AGEFIPH. Il a également été de bon conseil au niveau des concepts à mettre en place pour une bonne efficacité.
- Monsieur BOUNIOL qui était à l’époque Directeur des Relations Sociales au Conseil Général nous a été extrêmement utile.
- Le Docteur BARDEL, médecin psychiatre, est très vite devenu le point de passage obligé pour l’embauche de toutes les personnes qui devaient entrer chez SOTRES.
- Un autre psychiatre, le Docteur JOLIVET, nous a également beaucoup aidé. Mise à part ma connaissance familiale du problème, je ne connaissais en effet absolument rien des arcanes de l’aide sociale et du traitement du handicap.
Je veux aussi remercier les premiers salariés de SOTRES, embauchés à mi-temps, sur la base salariale du SMIC dans des postes d’insertion.
Les premiers résultats ont montré que notre schéma était correct et que ce que l’on imaginait était réaliste. Il y avait des personnes malades psychiques qui pouvaient s’en sortir sans retomber dans leur handicap.
Les médicaments ont joué leur rôle bien sûr. Mais pour s’en sortir au niveau de la relation que l’on a vis à vis de soi-même, SOTRES a été un transit, un passage, une étape, un tremplin.
Je veux me souvenir également, du premier Directeur, Monsieur LUNEAU, qui a rencontré beaucoup de difficultés dans la phase de démarrage : le déménagement de Levallois à Nanterre, la mise en place de circuits très nombreux notamment la création en parallèle d’une structure de formation : SOTRES-AFIP qui a été fermée depuis. Lui-même, ne connaissant pas trop la mécanique, tout était à inventer.
Mes derniers remerciements vont à Jacques DEVISE qui a pris le flambeau en 1995 de façon très efficace, ainsi qu’aux deux codirectrices. L’une est absente mais vous avez vu son portrait dans le petit film, il s’agit de Sylvie MALAVAL, qui a été présente depuis le début et est ainsi la plus ancienne de SOTRES. L’autre est aujourd’hui présente, Marie-Annick RENOLLAUD.
Ensemble, elles ont fait un travail formidable, ne serait-ce que dans la continuité de l’accompagnement des salariés en insertion qui nécessite, comme vous le savez, beaucoup d’attention. »